Au-delà de la pénétration de Martin Page

Lors de la rencontre du 24 mai à La motte aux cochons pendant L’infime Festival d’à la criée, nous parlions du rôle de l’homme au moment de la défloration féminine, de l’aspect agressif et violent de cette image « perforatrice » du premier acte (hétéro)sexuel.

Une personne présente dans la salle a alors partagé sa difficulté à être l’homme « pénétrant » que la société voulait qu’il soit. Dans le même temps, il nous a conseillé un livre sur cette question précise de la pénétration : Au-delà de la pénétration de Martin Page (dont on a largement entendu parler ici et). On y a jeté un œil.

Cet ouvrage remet en question le primat de la pénétration dans les représentations sexuelles. Puisque l’homme se doit de pénétrer (et de n’être pas pénétré évidemment), parce que la femme se doit d’y prendre du plaisir (même si dans les faits ce n’est pas toujours le cas), parce que la chronologie même de l’acte sexuel est centrée sur la pénétration (voir le célèbre « vaginal-anal-éjaculation » de la pornographie).

Le livre de Martin Page se propose d’ouvrir les portes et les fenêtres pour que chacun puisse inventer sa sexualité au-delà des clichés et des injonctions. En bonus, les témoignages en fin d’ouvrages permettent véritablement d’incarner les différents aspects abordés dans l’essai qui précède.

« Un jour, on encensera ces intenses moments de sexualité où il n’y a pas pénétration. Ces scènes de sexe excitantes et débridées sans pénis dans le vagin ou dans l’anus. Un jour, on verra un homme caresser une femme, un homme prendre le temps d’effleurer son corps, on verra aussi une femme simplement s’occuper des tétons ou du cou d’un homme et on dira «quelle belle scène de sexe!».
Ne pas pénétrer, c’est laisser la place à l’imagination: l’apparente contrainte nous délivre de nos rôles hérités d’époques où les hommes et les femmes n’étaient pas considérées comme égales. 
Ne pas pénétrer est le signe d’une sexualité artiste, car les artistes sont habitué·es à voir de nouvelles contraintes leur tomber dessus perpétuellement, dont elles tirent liberté et idées. Il ne s’agit pas de faire de la non-pénétration la nouvelle règle obligatoire,  de remplacer une norme par une autre, mais de l’inclure dans les actes possibles de  l’amour physique, avec la même importance que la pénétration. Que la pénétration vaginale (ou anale) ne soit plus l’alpha et l’oméga. Que l’absence de pénétration ne soit pas vécue comme un échec. Détendons-nous, donnons-nous du plaisir, prenons-en. 

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